Décroissance.

21/04/10

J’en conviens, le mot n’est guère dans l’air du temps. Malgré la prise de conscience grandissante sur le désastre écologique vers lequel nous glissons lentement, la croissance semble encore être l’ultime absolu vers lequel nous devrions tendre. Sauver les retraites, relancer l’emploi, stabiliser voire réduire les déficits et la dette? Il faut de la croissance ma bonne dame! Mais attention, Nicolas Hulot style oblige, pas n’importe quelle croissance, de la croissance verte, certifiée conforme au politico-médiatiquement correct.

Hors de la croissance donc, point de salut. Et étant donné que croissance rime forcément avec Progrès et Développement, celui qui aurait le malheur de vouloir un tant soit peu se poser quelques questions sur la nécessité absolue de la croissance se voit immédiatement taxer de misérable avorton du retour en arrière vers les heures les plus sombres de notre histoire ©, de primate partisan d’un retour à l’âge de pierre, de dangereux extrémiste bolchévique, ou pire de criminel de lèse-économie de marché.

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Agir en homme de bien.

28/01/10

La seule condition au triomphe du mal, c’est l’inaction des gens de bien.

Je suis récemment tombé sur cette citation d’Edmund Burke, et je dois avouer qu’elle m’a quelque peu remué. Evidemment je conçois aisément que nos modernes bien pensants puissent être effarouchés par l’emploi conjugé dans une phrase aussi courte de deux mots aussi tabous que ‘bien’ et ‘mal’.

Le Bien n’existe en effet plus, cette notion s’est irrémédiablement perdue en même temps que Vrai ou le Beau dans un relativisme creux qui permet à chacun de croire ce qu’il veut quand il veut, c’est à dire au final à ne croire rien du tout puisque tout se vaut. Quant au Mal, cette méchante idée judéo-chrétienne culpabilisante et sclérosante complètement dépassée par une modernité libérée par les lumières de la Raison, elle n’a de cours que lorsqu’il s’agit de montrer du doigt ceux qui apparaissent comme des ennemis de la Liberté et de la Démocratie, pas de pitié! Citons pour l’exemple les supposés fascistes (extrême-droite = extrême mal, extrême-gauche = acceptable voire sympathique, d’ailleurs la fête de l’Huma j’adooore), les méchants cathos (sous-groupe bien connu de la catégorie ‘fascistes’, enfin du moins les méchants, les autres on les tolère du moment qu’ils ne font pas trop de bruit), ou encore les dictateurs (encore que, je ne suis pas sûr puisqu’on accepte bien de leur parler, eux, quand il s’agit de décrocher des contrats juteux, des ventes d’armes ou l’accès à des puits de pétrole). Bref, au diable le Bien et le Mal, aujourd’hui ce qui compte désormais ce sont les droits de l’Homme et le ‘vivre-ensemble’. Globalement, si tu ne pratiques pas la torture et que tu n’embêtes pas ton voisin, tout va bien. Et d’ailleurs on le voit bien autour de nous, tout va vraiment très bien.

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Responsabilité et droits individuels.

13/01/10

Vous l’aurez peut-être remarqué, je suis entré dans une phase de « low blogging » (dixit Le Chafouin) et ai toutes les peines du monde pour en sortir. Non que l’actualité ne soit guère porteuse ou que les sujets d’intérêt fassent cruellement défaut, bien au contraire, mais l’envie manque. Le temps aussi.

Un deuxième billet en forme de pube donc, pour un point de vue paru sur le site du Monde, à lire ici.

Il ne faut pas se fier aux apparences ni s’arrêter à la première impression. L’auteur, fondateur du Forum de Davos, n’incite guère à la sympathie ‘a priori’. De même, le titre (« Le bonus des traders est un mauvais débat ») est quelque peu rebutant, et heureusement fort peu représentatif de la teneur de l’article. Cela dit, j’ai pu y trouver des réflexions fort intéressantes, que je vous soumets. Allez, lisez!

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