J’ai retrouvé ma colle UHU!

Ahah. Vous en fichez sûrement, mais personnellement cela m’a fait quelque chose de retrouver mon vieux tube de colle à la fameuse couleur jaune. D’abord parce que je me suis rendu compte que je ne savais toujours pas comment prononcer ce nom : doit-on dire ‘hu’, ‘huhu’ ou ‘uhachu’? Mystère. Ce mystère demeure d’ailleurs depuis ma prime jeunesse, il est bon de voir que certaines choses ne changent pas. Il est aussi bon de voir que des (dizaines) d’années après, on n’a pas forcément toutes les réponses aux grandes questions qu’on se posait étant petit.

Cette émotion de prononciation passée, c’est un flot de souvenirs qui reviennent en fouillant ma trousse. Déjà rien que le mot trousse est amusant : mais qui donc possède et utilise encore une trousse? Le mot est délicieux, et me rappelle celle que j’ai traînée durant toutes ces années sur les bancs (ou chaises). Je me souviens la petite honte ressentie à devoir ressortir à chaque rentrée toujours la même trousse usée quand tout le monde en exhibait tous les ans une neuve, puis la fierté d’en avoir une trouée de partout quand le grunge revint en force et quand il était de bon ton de posséder des trucs destroy. Je me rappelle ses multiples inscriptions au blanco, au tipex ou au feutre, du style ‘Oasis live forever’, ‘Mr Palluel-Marmont est un débile’ (le pauvre homme enseignait le latin et était d’ailleurs fort sympathique), ‘Give peace a chance’ voire ‘No future’… Et ces petits bouts de papiers délicieusement appelés ‘tubes’ où une main appliquée avait rentré consciencieusement les formules de physique-chimie qu’un cerveau capricieux se refusait à retenir…

Les souvenirs fusant, je me rappelle de tous ces trucs de marques qui envahissaient les trousses comme les cours de récré, les Creeks, Chevignon, Teddy Smith and co, les Pump, les Nike Air, Chapelier ou Eastpack, de ces modes fulgurantes dépassées à peine arrivées, ces walk-man aux écouteurs avec des grosses mousses permettant d’écouter la derniere cassette d’Ace of Base à fond, de ces cigarettes fumées planqués derrière le gymnase… Celui qui se faisait prendre devait balayer toute la cour, grave chaud vue la superficie, ou pire, recopier le règlement intérieur en changeant de couleur à chaque lettre, coincé en salle d’étude le mercredi après-midi. Dur.

Je me souviens aussi de ces 52 heures de colle reçues en 6ème, de ces sorties en douce à la barbe des pions via des passages secrets pour aller taper un petit baby-foot au bar d’à coté (qui a du se faire une fortune et une belle place au soleil), de l’éclate à disséquer et se balancer des bouts de grenouilles en sciences-nat’ alors que les filles prenaient leur petit air dégouté et suffisant du style ‘les garçons sont vraiment idiots’ (ce qui n’est pas faux), de ces courses d’endurance interminables, de mes 1,10m quand tous les garçons faisaient 30cm de plus, de la grande classe d’avoir été élu parmi l’équipe responsable du foyer (qui en plus de conférer le statut de méga star et mec ultra cool donnait le privilège ultime de pouvoir jouer en illimité au baby pendant les heures de cours), de ces petites rondelles métalliques discrètement prélevées sur le stock de ce prof de techno un peu naze et qui remplaçaient fort avantageusement les pièces de deux ou cinq francs nécessaires pour baby foot, billards et autres flippers…

Je me rappelle de ces vieux cahiers de texte vachement pas pratiques (et méga honte, alors que tout le monde avait déjà des agendas), je me vois encore utiliser des buvards, porter des culottes courtes à carreaux, avoir des chemises et des chaussettes marquées à mon nom, trimbaler mon cartable ou arriver à l’école avec mon petit sac en tissu avec mon goûter, je me rappelle bien recevoir (enfin plutôt voir les autres recevoir) des médailles d’honneur suite aux bonnes notes, voir le prof distribuer en cas de bonnes réponses des petits coupons ou ‘points de bonification’  qu’on pouvait ensuite lui échanger contre des timbres ou des images, les fables de La Fontaine à apprendre par coeur quand on était pris en flagrant délit de bavardage ou de dessin sur les tables en bois, ou encore la prière du matin à l’arrivée en classe (même qu’une fois Candice R. -dont j’étais amoureux- n’avait pu retenir une envie pressante pendant cette même prière… des années après on en parlait encore, la pauvre)… Bref tout un tas de trucs complètement has been qui ont du totalement disparaître. Pour certains d’entre eux, et notamment les culottes courtes, ce n’est d’ailleurs pas plus mal.

Tout cela à cause d’un tube de colle UHU. C’est fou.

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12 Responses to J’ai retrouvé ma colle UHU!

  1. Vlad dit :

    Oui, UHU c’est FU.
    Lorsque je te lis et me remémore mes années d’école, de collège et de lycée, je me dis que c’est tout de même un sacré trip.
    Il suffit de compter : 12 ans au moins de travail à plein temps, d’heures supplémentaires non rémunérées, de privation de libertés avec moult brimades et bagarres. La chose vue des dizaines d’années plus tard parait carcérale mais emplie d’intenses émotions et de souvenirs fantastiques. Pas sûr que j’accepterais maintenant ce type de CDD. J’ai plus l’âge de ces c…… 🙂
    Mais ça je ne le dirais jamais en ces termes à mon fils. Vive l’école !

  2. mimi dit :

    pour certains c’ est la colle uhu, pour moi c’ est plutôt la colle cléopatre, qu’ en plus on sniffait !!!

  3. Jenny dit :

    qui utilise une trousse : un prof…
    si mes élèves savaient que la mienne m’emmène à Londres – souvenir d’un we 😉
    j’ai vu cette semaine survivre encore la gomme rose et bleue qui gomme… rose et bleu 😦 et effaçait l’encre alors qu’aujourd’hui l’encre s’efface avec un effaceur ou encore mieux : le bout du stylo – pour les collègues qui corrigent en rouge effaçable c’est risqué… (parents nostalgiques ?)
    Les filles prennent le même sac pour les cours, le shopping (la plage ?) – surtout ne pas montrer aux autres qu’on bosse : l’important c’est Vanessa Bruno et Cie (mais pas la place pour des cahiers, des pochettes, des livres… bref le matériel d’un collégien ou d’un lycéen)
    j’allais oublier : mettez dans une même salle 30 gamins (pré-ados ?) de 4°… des filles qui n’attendent que de se raconter les derniers potins (elle est avec bidule ; tu as vu comme il l’a matée ; il l’a jeté ; elle a encore changé !) et des « petits garçons » qui attendent le prochain lancer de trousse pour improviser un basket… 😉
    La dure vie de la classe de 4° !

  4. Laloose dit :

    @vlad : ouais vive l’école, même si c’est quand même un univers impitoyable… En tous cas, gros soulagement de ne plus avoir à bosser le soir en rentrant! Quand ma fille sera plus grande, peut-être bien que je censurerai ce billet 🙂

    @mimi : énorme la colle cléopatre, j’ai connu ça aussi, bon souvenir!

    @jenny : oui les profs, effectivement, oups…
    Euh c’est qui Vanessa Bruno?

  5. Héroine dit :

    tu ne censureras pas ce billet et tu l’aideras a faire ses devoirs j’en suis sure :’) ou alors tu la laisseras toute seule et tu joueras sur l’ordi :p

  6. S1ned dit :

    « Je me souviens aussi de ces 52 heures de colle reçues en 6ème ».

    Ah en effet. Je suis un ptit joueur avec ma seule heure de colle due a un oubli de flûte 🙂

  7. Laloose dit :

    @heroine : l’hypothèse ordi me parait plus plausible… 🙂

    @sined : petit joueur! tout ça pour éviter d’avoir à jouer le boléro de Ravel… 🙂

  8. Jenny dit :

    c’est ta fille qui te présentera « Vanessa Bruno »… [ou plutôt les « descendantes »]
    je me demandais pourquoi toutes les élèves avaient le sac en toile, forme assez sommaire, mais avec des bandes verticales et deux horizontales (je crois) à paillettes – plusieurs coloris disponibles 😉 et on m’a dit « mais c’est Vanessa Bruno » (comme si j’avais demandé dans les années 90 ce qu’étaient les trousses Hervé Chapelier…. !!!!)- si ça se trouve, elle était au collège en même temps que nous la « Vanessa Bruno » 🙂

  9. le chafouin dit :

    Ah, nostalgie! Je trouve très juste le passage ou tu racontes que les trucs qui te faisaient honte à une époque étaient carrément classe à une autre.

    J’ai eu le même sentiment lorsque j’ai utilisé, en fac, le vieille 505 familiale pour aller en cours. Pendant quelques mois. Alors que j’avais une honte terrible de cette guimbarde quand les parents allaient nous chercher ou nous emmener à l’école, j’avais subitement trop la classe avec le même tank, quelques années plus tard, en fac de droit.

    On change.

    Mais c’est important de ne pas oublier tout ça.

    Je ne me souviens pas de l’école comme d’un monde impitoyable. je me remémore toutes ces années avec tendresse. On n’était pas toujours heureux. Mais quelle insouciance… Quelle insouciance. Aujourd’hui, on doit remplir des grilles de sécu et des feuilles d’impôt, c’est horrible. On ne peut pas sécher le boulot, en plus…

  10. Laloose dit :

    @Chafouin : monde impitoyable, c’est effectivement un peu exagéré. Mais les enfants sont durs entre eux, et ont objectivement du mal avec la différence, du moins passé un certain âge.
    En même temps aujourd’hui tu n’as pas de DS le samedi matin ou de devoirs à faire chez toi le soir… Mais bon pas 6 mois de vacances dans l’année non plus 🙂

    Sinon, méga classe la 505!!!

  11. Oscar dit :

    sauf quand Sophie conduit…

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