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Irak!Étant actuellement indisponible au blog pour cause de préparation intensive d’une cérémonie familiale (en l’occurrence un baptême), je ne suis pas à même de pouvoir prendre du temps pour réagir à une actualité pourtant fournie, et notamment au discrédit porté à François Fillon par le président Sarkozy qui le désavoue publiquement sur le montant de la taxe carbone (vous savez la taxe qui n’en est pas une…) Bref, pour ne pas laisser mes lecteurs en panne de sujets, je leur propose ce modeste texte écrit en janvier 2006 sur le conflit Irakien et sur la nécessaire (à mes yeux) ré implication de la France aux côtés de ses alliés en Irak. A la relecture de ce texte, j’ai pu constater combien grandes sont ses limites et ses défauts. Mais je vous le livre tel quel, ce sera de toutes façons mieux que rien.

Et bon weekend!


De la nécessité et des modalités d’une intervention commune dans le conflit Irakien

Nous n’avons pas choisi ce conflit, nous ne l’avons pas souhaité ni ne l’avons promu, mais il se rappelle terriblement à notre souvenir au quotidien et ne semble pas près d’apporter de solutions durables à tous les problèmes qui se sont présentés voire qu’il a contribué à créer.

C’est un constat d’échec objectif et indéniable, et ce constat doit appeler une alternative claire. On peut parfaitement considérer que l’ « alliance » entraînée par les États-Unis est l’unique et entière responsable de la gestion d’un échec qui lui est donc amplement imputable, et de ce fait doit seule assumer ses erreurs et supporter toutes les conséquences de ses actes. Mais l’on peut aussi dépasser le simple débat des causes et des responsables pour se concentrer sur les conséquences, pour le peuple Irakien avant tout, mais aussi  pour la stabilité et l’avenir du Proche et Moyen-Orient comme de nos pays.

Cela implique de modifier une position qu’il nous était nécessaire de défendre, porteuse de valeurs fortes dans l’opposition à des velléités américaines impossibles à cautionner, mais qui présente aujourd’hui le paradoxe douloureux de continuer, quoique plus discrètement, à fustiger vertueusement ces barbares capitalistes tout en semblant fermer les yeux sur des victimes dont l’on entend pourtant parler tous les jours. Il est un temps pour l’opposition, et un autre pour la proposition d’une alternative claire et honnête ayant pour objectif premier le rétablissement dans les plus brefs délais d’un contexte de vie décent et stable pour ces populations, et dans un deuxième temps l’accompagnement dans un processus d’autodétermination issu d’une volonté générale libre et rendue pleinement responsable de ses choix.

Évidemment cela suppose de la part des belligérants actuels, au premier rang desquels les États-Unis, l’adhésion à des pré requis de base qui doivent fonder cette collaboration, désintéressée par essence. Certains, clairement, ne peuvent être négociables, étant les garants de la crédibilité et du respect des valeurs fondatrices d’une telle action commune.

Le premier d’entre eux doit être le droit absolu du peuple Irakien à évoluer librement dans un contexte sécurisé lui permettant de combler ses besoins et aspirations légitimes. Cela doit être l’objectif de base devant guider l’action, et toutes les ressources nécessaires doivent être mises en œuvre afin de remplir cette mission, ressources militaires en premier lieu, mais également humanitaires, diplomatiques et économiques. Ce n’est qu’en unissant toutes les forces disponibles et motivées par ce même objectif, et en agissant vite, que les problèmes d’insécurité selon résolus, et que la reconstruction pourra s’opérer.

Cette implication totale a un coût financier certain, qui est cependant à mettre en comparaison avec les coûts engendrés depuis plus d’un an par une situation militaire qui ne semble pas devoir évoluer positivement à brève ou moyenne échéance. Assumée par tous, cette contribution pourrait légitimement être contrebalancée par l’attribution équitable pour chaque partie des marchés générés par la reconstruction du pays. Cette attribution semble parfaitement justifiée au vu des investissements considérables qui sont en jeu, qu’il convient justement de compenser pour ne pas nuire à la poursuite des opérations, mais elle doit être strictement contrôlée afin de garantir à la fois la transparence et l’efficacité des moyens mis en œuvre. La responsabilité en revient à chaque pays, retenu puis contrôlé par une commission indépendante sous l’égide de l’ONU, dans un souci constant de la justice et du droit.

Le commandement et le pilotage opérationnel militaires, soumis au contrôle des membres d’un conseil de sécurité de l’ONU élargi si besoin, semble revenir naturellement au plus important  contributeur en matière de ressources militaires, en l’occurrence les États-Unis, de même que doit être organisée et encadrée une collaboration internationale sur le plan humanitaire, social et économique permettant un retour rapide à la normale et la préparation sérieuse d’une transition démocratique dont chacun puisse bénéficier.

Il convient de rester conscient des limites d’une telle ambition pour le règlement de ce conflit, aux premiers rangs desquelles les velléités partisanes de tel ou tel pays ou organisation. Mais ce n’est que lorsque tous, et spécialement les plus puissants, auront compris la nécessité d’une action fondée sur l’équité et la justice, le respect de ses engagements et une vision supranationale, que l’on réussira à rendre crédible -dans ses objectifs comme dans sa réalisation- une intervention qui ne contribue aujourd’hui qu’à stimuler particularismes et extrémismes.

Cette alliance est également seule garante des chances de succès des opérations de sécurisation du pays qui doit rester une absolue priorité. La démocratie ne s’impose pas avec des chars mais nécessite l’adhésion du plus grand nombre, et son instauration est d’autant moins crédible quand elle ne garantit même pas la relative sécurité procurée par l’ancien régime. Le risque d’enlisement du conflit étant directement conditionné par les implications respectives des différents partenaires, l’engagement apporté doit être à la hauteur des ambitions affichées : seule une action rapide, puissante et coordonnée peut permettre une évolution favorable du processus de pacification puis de démocratisation.

A nous d’assumer désormais nos responsabilités en pratique, en nous engageant résolument dans une voie qui pourra servir à une refondation de la gestion des relations internationales, et contribuera sans nul doute à garantir une stabilité qui fait cruellement défaut dans notre monde.

Laloose.

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