Glauque. C’est le mot qui me vient immédiatement à l’esprit en lisant sur le net les extraits de l’autobiographie de Frédéric Mitterrand, La Mauvaise Vie, parue en 2005. Ces extraits, je les ai découverts comme tout le monde à l’occasion de la polémique qui monte au sujet du ministre de la Culture et de sa supposée pédophilie et appétance pour le tourisme sexuel.
Vous les avez probablement déjà lus, mais je les cite quand même :
“J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément [...] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable [...] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas.”
Personnellement, et en mettant de coté pour le moment les accusations qui sont portées contre Mr Mitterrand, je trouve ces extraits, comme d’ailleurs les interviews de l’auteur faisant la promotion de son livre à l’époque, absolument glauques. Je n’ai pas lu le bouquin (comme d’ailleurs 99% des gens donnant leur avis sur cette affaire), et ne saurais donc juger de sa qualité littéraire, ni généraliser sur le livre dans son ensemble. Néanmoins ces extraits me donnent envie de vomir, tout simplement. Cette bestialité primitive étalée à longueur de phrases, cette noirceur de l’âme, cette déchéance et cette décadence triste et sordide, tout cela me fait à la fois peur et pitié. J’espère sincèrement que la vie de cet homme ne ressemble pas à ça, j’espère pour lui que cette autobiographie n’en est pas une… Lire la suite »